mardi 9 mai 2017

Les "earnings" de Pandora, l'investissement de KKR

Avec un chiffre d'affaires en hausse de 6 % sur un an au premier trimestre 2017, à hauteur de 316 millions de dollars, le service de radio musicale interactive américain Pandora ne casse pas des briques. Mais c'est dans les détails que se nichent les raisons qui ont probablement convaincu le fonds KKR d'investir 150 millions de dollars dans la compagnie.

Le business traditionnel de Pandora, la publicité, qui a toujours constitué l'essentiel de ses revenus (223 millions de dollars sur Q1 2017, contre 220 un an plus tôt), n'affiche pas une croissance mirobolante (moins de 1,5 %).

Les revenus de l'abonnement, en revanche, qui étaient restés stables depuis début 2015, comme en atteste cet historique détaillé des résultats financiers de Pandora, progressent de 19 %. sur un an au premier trimestre. Le nombre d'abonnés est de 4,71 millions fin Q1 2017, contre 3,93 millions fin Q1 2016.

Le lancement d'une offre de streaming à la demande sur abonnement mi-avril dernier, suite au rachat de Rdio, laisse augurer de performances encore plus affirmées de l'abonnement dans les trimestres qui viennent, sur un marché du streaming dont la croissance a été de l'ordre de 70 % l'an dernier aux Etats-Unis, essentiellement portée par l'abonnement,

Le nouveau service Premium de Pandora, deux fois plus rémuinérateur que son offre de radio interactive sans publicité, aurait recruté plus de 500 000 abonnés en moins d'un mois,

Le nombre d'auditeurs mensuel de Pandora est en baisse sur les trois premiers mois de 2017 - 76,7 millions fin Q1, contre 79,4 millions un an plus tôt - mais le revenu pour mille heures d'écoute (près de 51 dollars) est en hausse de 12 % sur la période.

L'ARPU de Pandora (Average Revenue per User) est donc à la hausse et parti pour le rester, grâce, notamment, à la croissance des revenus que la compagnie tire de la billetterie de concerts, après son rachat de Ticketfly fin 2015. Il sont en hausse de 25 % sur un an au premier trimestre 2017, à hauteur de 27,8 millions de dollars.

En l'espace de deux ans, Pandora est parvenu à mettre deux nouveaux business sur les rails qui constituent deux nouvelles sources de revenus alternatives à la publicité et promises à une forte croissance : l'abonnement et la billetterie. Avec le développement à l'international, ce sont les trois leviers que Pandora peut désormais actionner pour une transformation en profondeur de la compagnie, susceptible de la mettre sur le chemin de la profitabilité.

Le service de radio interactive n'est toujours pas rentable près de quinze ans après sa création, et a essuyé une nouvelle perte de 132 millions de dollars au premier trimestre 2017.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire