vendredi 24 mars 2017

Retour sur les Etats généraux du Prodiss

Au mois de novembre dernier se tenaient les Etats généraux du développement organisés par le Prodiss ( Syndicat des producteurs de spectacles, diffuseurs, salles et festivals de musiques actuelles). L'occasion de revenir sur les transformations qu'a subi la filière musicale ces quinze dernières années et sur les enjeux à venir. Des enjeux qu'on ne perçoit pas toujours. "Qui dit streaming dit disparition de la copie privée", déclare par exemple Pascal Nègre, ancien président d'Universal Music France, soulignant que disparaitra là une source d'aide à la création musicale non négligeable, de l'ordre de 25 millions d'euros par an.

La montée en puissance du streaming soulève d'autres questions, a indiqué Pascal Nègre : "La moitié du streaming, c'est de l'international, alors que les deux tiers des ventes de disques sont [des productions] françaises". A quoi s'ajoute que la moitié des écoutes porte sur du fond de catalogue. Conclusion : "Dans le développement du streaming, il est clair que la nouveauté française ne va pas être économiquement mise en valeur",

Autre constat : le rap et l'électro dominent les classements du streaming. A eux deux, il représentent plus de 70 % des 200 titres les plus écoutés. Pourquoi ?, demande Pascal Nègre. Parce ce que ce sont surtout les jeunes qui ont le temps d'écouter quatre heures de musique par jour, quand leurs parents n'en écoutent que quatre heures par semaine. Résultat : "Les plateformes de streaming mettent surtout en avant la musique écoutée par les mômes".

Les Etats généraux du développement se sont déroulés le 28 novembre 2016 à l’Assemblée nationale, et ont rassemblé 100 personnalités issues des Industries Culturelles et Créatives qui ont débattu et réfléchi collectivement aux besoins et défis du secteur. En pleine campagne présidentielle, au cours de laquelle on entend peu parler de politique culturelle (mais entend-on parler seulement de politique ?), retour en vidéo sur l'événement avec la table ronde #3, consacré à l'horizon prospectif 2017 - 2022.

Etats Généraux 2016 - Table Ronde #3 from PRODISS on Vimeo.

Voir les autres vidéo disponibles.

mercredi 8 mars 2017

Au SeaNaps, les siestes et la monnaie seront électroniques

Les technologies de blockchain peuvent-elle révolutionner l’économie des festivals, et la rendre plus participative et distributive ? C’est ce que projette d’expérimenter le SeaNaps à Leipzig en septembre prochain.

Le festival SeaNaps, qui se déroulera au mois de septembre prochain à Leipzig, en Allemagne, est une déclinaison des Siestes électroniques nées à Toulouse. A Leipzig, la musique ne sera pas la seule composante électronique du festival SeaNaps. Tous les échanges marchands qui auront lieu dans le cadre du festival se feront de préférence avec une crypto-monnaie créée pour l’occasion — le LIP — et indexée sur l’euro, afin d’éviter toute fluctuation. "Nous voulons expérimenter concrètement les opportunités offertes par la technologie de blockchain dans le domaine de l’innovation culturelle" explique Maxime Faget, un Français expatrié à Leipzig et l'un des porteurs du projet.

Lire l'intégralité de mon article sur le site de l'IRMA

jeudi 2 mars 2017

SXSW 2017 mis en playlists par Spotify

Avec ses plus de 2000 artistes en showcase, le festival SXSW, rendez-vous incontournable des professionnels de la musique comme des geeks en tout genre, est un vrai casse-tête pour les dénicheurs de nouveaux talents. L'édition 2017 se tiendra comme chaque année à Austin, Texas, du 10 au 18 mars prochain.

Le festival met lui même en avant un peu plus de 200 artistes qui seront présents cette année dans une playlist postée sur sa chaîne Youtube. Un peu livré en vrac. Comme au temps de l'archive BitTorrent qu'on pouvait télécharger lors des premières éditions, des fichiers MP3 postés par les artistes programmés sur le site Web de SXSW. Pas très autorisé à l'époque, mais toléré.

mercredi 1 mars 2017

The French music market boosted by the growth of streaming

The music industry is the first to move from an economy of property to an economy of access. The intellectual property rights of music have not disappeared. They are still exploited. What disappears is the consumer's attachment to the property of a physical medium.

Music downloads, which attempted to transpose this notion of ownership of a container that guarantees access to its content in the digital environment, is dying slowly. With a further 22% drop in revenues last year in France, according to figures released by the SNEP, it's weighted less than 20% of digital trade sales in value, against nearly 80% for streaming, which increased by 37% in value over the period.

mardi 28 février 2017

Le marché de la musique français dopé aux hormones de croissance du streaming

L'industrie musicale est la première à passer d'une économie de la propriété à une économie de l'accès. Les droits de propriété intellectuelle de la musique n'ont pas disparu. Ils sont toujours exploités. Ce qui disparaît peu à peu, c'est l'attachement du consommateur à la propriété d'un support physique.

Le téléchargement, qui a tenté de transposer cette notion de propriété du contenant garante de l'accès au contenu dans l'environnement numérique, est en train de mourir de sa petite mort. Avec une nouvelle baisse de ses revenus de 22 % l'an dernier en France, selon les chiffres publiés ce matin par le SNEP, il rapporte de moins en moins aux labels et maisons de disques : moins de 20 % du chiffre d'affaires de gros du numérique en 2016, contre près de 80 % pour le streaming, qui a progressé de 37 % en valeur sur la période.

lundi 27 février 2017

My major is rich

Avec un chiffre d'affaires en hausse de 9,4 % lors de son dernier exercice clos en septembre 2016 (13 % à taux de change constant), la maison de disques Warner Music entamait une percée remarquable : 280 millions de dollars de mieux qu'en 2015 ! Son bénéfice net, de 30 millions de dollars sur la période, succédait à de lourdes pertes enregistrées les années précédentes (88 millions de dollars en 2015 ; plus de 300 millions de dollars en 2014). La percée de la plus petite des majors s'est confirmée au dernier trimestre de l'année : avec des revenus toujours en progression de 8 % par rapport au dernier trimestre 2015.